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Vera Clouzot - Interviews - POPnews - 2000

Vera Clouzot est souvent considéré - et ce pour de très bonnes raisons - comme le cousin lillois des Red House Painters et de Smog. Sur son prochain album, "Kachina", le trio s'échappe un peu de ses influences en créant un univers à la fois plus large et plus personnel.
Comme pour l'interview de Willard Grant Conspiracy, nous avons choisi la formule "rencontre individuelle par écrit" (mêmes questions pour tous et réponses sans concertation).

Eloïse Stéclebout & Laurent Orseau

Pierre Laplace (chant / guitare)
Nicolas Fahy (violoncelle)
Richard Huyghe (guitare)


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Pierre Laplace (chant / guitare)

Dans le paysage musical, Vera Clouzot est une formation plutôt atypique (chant/guitare/violoncelle). Est-ce un choix délibéré d'éviter le sacro-saint format chant/guitare/basse/batterie ou bien tout simplement le fruit du hasard ?
La formation - effectivement "atypique" - du groupe est simplement due au hasard des rencontres. Si l'un de nous avait été batteur ou trompettiste, le groupe aurait été autre chose. Mais il s'est vite avéré que l'alliance guitare / violoncelle / chant pouvait donner des choses intéressantes ; l'identité musicale du groupe s'est forgée autour de ce axe là, c'est indéniable, mais dans notre esprit, la formule est toujours restée "ouverte" à des apports extérieurs, d'où de nombreuses participations de musiciens invités.

A l'écoute de vos albums et après vous avoir vus sur scène, on a l'impression que Vera Clouzot se nourrit de trois personnalités sans qu'aucune ne prenne le dessus et n'étouffe les deux autres. Avez-vous toujours eu la volonté de placer le chant, la guitare et le violoncelle sur un pied d'égalité ?
A mon sens, ce qui fait l'âme du groupe, c'est précisément ce que chacun apporte, par sa personnalité et sa sensibilité - et ce sans petites luttes d'ego. En gros, on se met tous au service de la musique, des morceaux, sans qu'aucun de nous ne cherche à dominer les autres. Chacun a à coeur d'apporter un maximum d'idées, de se perfectionner individuellement et dans le travail de groupe. Ainsi, chaque instrument a une place importante dans l'identité musicale du groupe ; d'ailleurs, si pour certains Vera Clouzot est "le groupe avec le violoncelle", pour d'autres on est plus un groupe à guitares, ou encore un groupe avec voix et textes, ce qui montre bien que nous avons tous les trois le loisir de nous exprimer, de nous "mettre en valeur", si on veut.

La structure de vos morceaux est assez complexe et très éloignée du format pop classique couplet-refrain. Comment se déroule la composition des morceaux ? D'où vient cette recherche de la complexité ?
Pour la composition des morceaux, on part le plus souvent de thèmes apportés par Richard, de temps en temps par moi. A partir de là, soit Richard "jamme" avec Nicolas, et ils trouvent ensemble des bases musicales, soit Richard et moi trouvons une base de morceau à partir d'un de mes textes - j'essaie d'avoir toujours des textes "en réserve", et j'essaie de voir ce qui peut coller, dans l'esprit et la mise en place, avec les thèmes de Richard. Et puis, il nous arrive même maintenant de construire un morceau à partir des thèmes composés par Nicolas au violoncelle. En tout cas, quelle que soit l'impulsion de départ, tout évolue (structures, mélodies, ambiances) au fil des répétitions et des idées apportées par chacun. Sinon, je ne dirais pas qu'il y a chez nous une recherche délibérée de complexité, je trouve qu'en ce moment on tend plutôt vers une recherche de limpidité. Je parlerais plutôt d'une envie d'originalité dans les idées musicales que de complexité ; d'ailleurs, certains morceaux ont une structure très simple et d'autres, c'est sûr, ont des structures un peu tordues (cf. "La Meute" sur le prochain album).

Vera Clouzot est un trio, mais sur les albums et ou en concert, le groupe s'entoure de différents invités (Peter à la batterie et aux percussions, Pher à la trompette?). Désirez-vous faire évoluer la formation du groupe ? Ressentez-vous le besoin d'enrichir votre son ?
Oui, ça fait un bout de temps qu'on a en tête l'idée d'une section rythmique, et c'est en train de se faire. Peter, qui a joué des percussions sur le premier album et de la batterie sur "Kachina" (notre petit dernier), est d'accord pour assurer un maximum de concerts avec nous, bosser sur les nouvelles compositions, avec comme objectif final l'enregistrement d'un quatrième album où il ne serait plus seulement invité sur quelques titres, mais ferait partie du truc de A à Z. En gros, il fait maintenant partie du groupe ! Mais comme beaucoup de musiciens de jazz, il joue dans plusieurs formations en même temps. Ensuite, nous sommes à la recherche d'un contrebassiste ; on vient de rencontrer quelqu'un, on va le faire jouer - avec Peter - sur "Pale Skinny Girl", notre reprise d'American Music Club (voir dernière question), et on verra si ça colle avec lui. Je pense qu'une section rythmique va effectivement étoffer le son, donner une belle assise et de la dynamique.

Depuis le premier album, vous travaillez beaucoup avec le Studio KA et en particulier avec Patrice Kubiak. Le considérez-vous en quelque sorte comme un quatrième membre du groupe ? Pensez-vous qu'il ait contribué à l'originalité de votre son ?
Je ne dirais pas que Patrice est le quatrième membre du groupe dans le sens où George Martin était le "cinquième Beatles", parce qu'il n'intervient pas directement sur la musique, seulement sur le son en studio - ce qui est déjà très important. C'est effectivement quelqu'un d'incontournable dans l'histoire de Vera Clouzot, et puis c'est devenu un copain tout simplement. On a enregistré le premier et le troisième album avec lui ainsi que divers inédits pour des compilations ou "tributes", et c'est lui qui a mixé "The Moon When The Cherries Are Ripe".

Tous les textes du prochain album sont en français, après deux albums en anglais. Quel a été le déclencheur de ce changement ?
Ca faisait un bout de temps que Richard et Nicolas - mais aussi Patrice Kubiak - me suggéraient de tenter un morceau en français, juste pour voir. Et puis un jour l'envie m'est venue, j'ai pondu quelques ébauches de textes, dont une des premières versions de "Plain-Chant" et "La Meute". On s'est aperçu que le chant en français collait bien sur les thèmes musicaux que l'on avait, et on s'est assez vite retrouvés à maquetter quelques titres avec Maurice, autre collaborateur de longue date du groupe. Comme le résultat nous semblait intéressant, on a décidé d'enregistrer un EP cinq titres avec Patrice, et de fil en aiguille, on en est arrivé à faire un album complet en français. En fait, en quelques mois, le groupe a connu une évolution assez importante, le français s'est vite imposé comme une évidence, ça nous a tous remotivés et poussés à composer beaucoup, à tenter plein de choses. Pour moi, c'est désormais acquis, je ne ferai plus - au moins dans le cadre du groupe - que des textes en français.

Le passage au français a semble-t-il beaucoup influé sur la structure de vos compositions. Quelles en ont été les conséquences sur le phrasé, la voix, les intonations ? Que cela a-t-il changé au niveau de la composition des morceaux ?
Je crois qu'avec le passage au français, ma voix est devenue plus "limpide", peut-être plus chaleureuse et expressive. Et puis, quand on chante en anglais, on a vite fait de choper des "tics", des choses qui ne sonnent pas forcément très naturelles - sans parler de l'accent, qui était loin d'être parfait. Sinon, je ne sais pas si le chant en français a profondément changé notre manière de composer, mais je crois qu'on est encore plus attentifs à l'alliance entre un texte (son esprit, son sens profond) et des thèmes musicaux.

Quelles sont, pour toi, les principales différences entre tes anciens textes (tous en anglais) et les nouvelles paroles ? Ce passage en français, est-ce finalement une libération ? Est-ce la possibilité d'aborder plus de sujets ? Sachant que la plupart des Français sont plus attentifs à des textes dans leur langue, comment as-tu vécu l'accouchement des textes ?
Je serais incapable de comparer les textes en anglais à ceux en français. Il y a eu, à partir du deuxième album, "The Moon When The Cherries Are Ripe", une "ouverture" thématique, un registre un peu plus varié, et ça semble se confirmer en français - même si j'essaie de rester dans un cadre cohérent, de ne pas non plus partir dans tous les sens (pour l'instant en tout cas). Oui, je vois le chant en français comme une sorte de "libération" parce que finalement c'est un voile qui est tombé, et que j'ai l'impression de plus me révéler (on verra si les autres seront d'accord avec moi !). Bon, on pourra toujours me dire que, même en français, mes textes ne sont pas très explicites ; j'ai pourtant l'impression d'y mettre beaucoup de moi-même - mais pas de manière "rentre-dedans", premier degré, style Miossec. J'aime utiliser des formes plus détournées, voire elliptiques, et en même temps je n'aimerais pas non plus que mes textes soient totalement hermétiques. Je ne ressens pas plus de pression à chanter en français qu'en anglais, que ce soit sur scène ou en studio, maintenant j'assume totalement ! Et puis franchement, combien de gens font vraiment gaffe aux textes, que ce soit dans leur langue ou pas ? Quand j'ai un nouveau texte, il doit d'abord me plaire, puis plaire à Richard et Nicolas, et c'est tout ce qui importe.

Dans les textes, on trouve une forte présence de l'univers amérindien ainsi que des références littéraires (Bukowski) ; pouvez-vous nous parler de vos influences en dehors de la musique ?
Pour écrire mes textes, je m'inspire de ce que je vois, lis, ressens, c'est aussi simple que ça. Depuis trois/quatre ans, je lis beaucoup de littérature américaine (Jim Harrison, Charles Bukowski, Sherman Alexie, James Ellroy, Cormac Mc Carthy?) et je m'intéresse de très près aux cultures tribales d'Amérique du Nord. Ce sont des univers qui me passionnent, et ça se retrouve naturellement dans mes textes, à côté de choses qui évoqueront plutôt un état d'esprit, un sentiment? Quant à la "Valse de Chinaski" (Hank Chinaski étant l'alter-ego de Bukowski dans ses livres), ça raconte un week-end passé à Paris en pleine canicule, à peu dormir et à lire des poèmes de Bukowski non-stop, d'où le côté fébrile du texte.

L'univers graphique autour de Vera Clouzot (pochettes de Fabienne Moreau et de François Lelong, projections d'extraits de films et de dessins amérindiens pendant les concerts) est assez proche de l'atmosphère musicale du groupe. Quel est pour vous le lien entre esthétique et musique ?
Il est intéressant de développer un image forte autour du groupe, mais ça demande des compétences, du temps et des moyens. Par exemple lors d'un concert récent, on a pu travailler le visuel en amont (éclairages, projections de dessins, photos et vidéos), et le résultat a plu à tout le monde, mais ce n'est pas matériellement possible de faire cela dans toutes les salles. C'est un aspect que l'on aimerait développer si on avait plus de moyens. On aimerait bien, par exemple, que François Lelong nous fasse un jour un décor de scène. En attendant, il est en train de bosser sur la pochette du nouvel album et je crois que ça va être très beau, un peu dans l'esprit de ce qu'a pu faire Vaughan Oliver pour 4AD.

Le terme de "nouvelle chanson française" est un concept fourre-tout et plutôt ridicule, cependant ne pensez-vous pas que l'excitation autour de cette étiquette puisse être d'une certaine façon bénéfique à Vera Clouzot ?
Effectivement, "nouvelle chanson française" ça ne veut rien dire, on met là-dedans tout ce qui se fait en chanson française ne sonnant pas comme de la grosse variétoche de base, donc c'est très vaste. Il y a depuis quelques temps, de la part du public et des media, un intérêt certain pour cette "nouvelle scène française" ; en profiterons-nous ou pas, je n'en ai aucune idée, notre musique est quand même assez atypique. Let's wait and see?

Comme de nombreux groupes (connus on inconnus), vous avez un site internet - réalisé par Franck Jankowski. Que pensez-vous que cette vitrine puisse vous apporter, et comment désirez-vous qu'elle évolue ?
L'idée de ce site, c'est d'apporter un complément d'information aux gens intéressés par notre musique, de les faire entrer dans l'univers du groupe de façon assez conviviale (le sommaire, par exemple, est assez rigolo). Pour l'instant, le site est encore en chantier, il manque des choses, mais c'est déjà plutôt sympathique. Quant à son évolution possible, je ne sais pas trop, je crois que pour l'instant il faudrait simplement étoffer ce qui existe déjà.

Paul Austin, un des guitaristes de Willard Grant Conspiracy, vous a contactés pour participer à une compilation de reprises d'American Music Club - un groupe que vous appréciez depuis longtemps. Quel effet cela vous fait-il de vous retrouver en compagnie d'artistes comme Lambchop, Calexico, Matt Ward ou encore Paula Frazer ?
C'est bien sûr plaisant d'être en bonne compagnie sur un CD ! Mais ce qui me fait surtout plaisir, c'est de rendre hommage à Mark Eitzel, un type que j'apprécie depuis longtemps. Un grand "songwriter" comme on dit, à la voix et aux textes bouleversants. On a choisi de reprendre "Pale Skinny Girl" (un morceau de l'album "California"), en le mettant à notre sauce, plutôt que d'en faire une version fidèle, qui aurait été de toute façon moins bonne que l'originale. J'ai hâte que cette compilation sorte ; on est le seul groupe non-américain dessus, et j'espère qu'on ne sera pas trop minables à côté de Calexico, Lambchop and Co?

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Nicolas Fahy (violoncelle)

Dans le paysage musical, Vera Clouzot est une formation plutôt atypique (chant/guitare/violoncelle). Est-ce un choix délibéré d'éviter le sacro-saint format chant/guitare/basse/batterie ou bien tout simplement le fruit du hasard ?
Déjà, c'est de moins en moins atypique (est-ce un avantage ou un désavantage ?), car il y a de plus en plus de groupes pop ou "chanson française" qui utilisent le violoncelle (pas toujours à bon escient, d'ailleurs : je trouve cela horripilant d'entendre du violoncelle sous-exploité ou mal exploité). Pour Vera Clouzot, ce ne fut pas du tout un choix, mais un hasard qui vient de l'histoire de la formation du groupe : puisque on s'entendait bien musicalement et humainement, on a fait de la musique ensemble ; j'aurais fait du pipeau que cela aurait été pareil, mais le groupe n'aurait peut-être pas aussi bien marché... Il faut voir aussi que ce qui était un hasard au début, on l'a exploité par la suite comme un choix, en travaillant les équilibres guitare/violoncelle et chant/violoncelle.

A l'écoute de vos albums et après vous avoir vus sur scène, on a l'impression que Vera Clouzot se nourrit de trois personnalités sans qu'aucune ne prenne le dessus et n'étouffe les deux autres. Avez-vous toujours eu la volonté de placer le chant, la guitare et le violoncelle sur un pied d'égalité ?
C'est toute l'alchimie d'un groupe que d'arriver à mêler les différentes personnalités, c'est ce qui fait l'intérêt, le plaisir de jouer dans un groupe. Sinon, il faut faire une carrière solo. Mais ce n'est pas toujours facile, et il faut toujours composer. Des fois, on se dit que l'on aimerait jouer plus, monter sa partie sur les enregistrements, des choses de ce genre, et en même temps, c'est ce qui fait progresser. Pour l'équilibre guitare/chant/violoncelle, c'est vrai que l'on recherche cette union du son et du jeu des trois. Et cela se remarquait tout de suite à une balance de nos concerts, où l'on disait tout le temps "bon, alors, ce qu'il nous faut, c'est que les trois niveaux soient identiques, la voix bien dans la musique", etc. Je dis bien "disait", car on se rend compte aussi que le public non-connaisseur a du mal à s'identifier à la musique s'il n'entend pas bien le chant, et on le met un peu plus devant ces temps-ci. C'est très dur de trouver un bon équilibre, et bien sûr, surtout en concert ! Concernant la place de chacun de nous trois dans le groupe, il faut se rappeler que le groupe a suivi notre vie depuis maintenant plus de sept ans (pour moi, ça a été toutes mes années fac), et ma place dans le groupe ou la place du groupe dans ma vie ont pu évoluer (si on fait bien attention, les morceaux de la première démo sont signés Pierre/Richard, et depuis on signe à trois). Actuellement, on peut dire que chacun des trois tient un rôle essentiel tant musical qu'humain dans le groupe... Quant à l'évolution du son, ça fait plaisir que cela s'entende, car on a effectivement essayé de le faire évoluer : on trouvait notre premier album trop gentil, on a voulu quelque chose de plus âpre, plus simple pour le second, certainement plus proche du son que l'on peut avoir en concert.

La structure de vos morceaux est assez complexe et très éloignée du format pop classique couplet-refrain. Comment se déroule la composition des morceaux ? D'où vient cette recherche de la complexité ?
C'est un véritable travail d'artiste ou d'artisan que de composer des morceaux : on façonne la musique, on étale, on coupe, on structure... c'est très amusant. Mais on n'est pas non plus maître de tout, et des fois le morceau nous échappe, a sa propre existence. Au départ, l'un d'entre nous apporte un ou plusieurs thèmes musicaux qui lui trottent dans la tête, ou qu'il a travaillé, et la première étape consiste à taper le boeuf, à trois. C'est une étape très jouissive, la musique part dans tous les sens, on s'amuse, on se fait plaisir, et puis on cherche, on approfondit. C'est cette étape qui peut expliquer l'aspect compliqué de nos morceaux, car c'est vrai qu'on part sans aucun schéma en tête, on ne sait jamais à l'avance à quoi ressemblera le morceau ! Ces temps-ci, on essaye de simplifier la structure de nos nouveaux morceaux. Déjà pour une raison purement pratique, c'est que je suis un peu éloigné de Lille depuis septembre 1999 (j'ai été muté en Bourgogne, de ma propre initiative, ce qui ne fait pas forcément la joie de tous... C'est vrai que ça complique un peu, mais on s'en sort très bien) et que l'on doit donc arriver à être efficace à chaque répétition. Et puis je pense que c'est aussi une preuve de maturité musicale que d'essayer d'aller à l'essentiel. Cela ne sert à rien de compliquer un morceau sans raison. Sinon, je ne crois pas que ma formation classique ait quelque chose à voir avec la structure des morceaux, mais par contre cela doit jouer au niveau des thèmes que j'apporte et sur la façon d'orchestrer mes parties. Quant au côté perfectionniste de Richard (appelons un chat un chat), il n'a pas non plus d'influence sur la complexité, mais par contre, cela joue sur la structure (est-ce que l'on va répéter tel thème douze fois, ou douze fois et demie ?). Cela peut paraître bête de se casser la tête sur ce genre de détails, mais c'est ce qui fait aussi la richesse, la beauté d'un morceau.

Vera Clouzot est un trio, mais sur les albums et ou en concert, le groupe s'entoure de différents invités (Peter à la batterie et aux percussions, Pher à la trompette?). Désirez-vous faire évoluer la formation du groupe ? Ressentez-vous le besoin d'enrichir votre son ?
Question d'actualité ! On est en train de travailler à une extension du groupe : notre ami Peter Orins devrait devenir le batteur attitré de Vera Clouzot, et on va commencer à répéter avec un contrebassiste, ce qui donnerait une section rythmique au groupe, qui en parfois besoin. Cette section ferait partie intégrante du groupe, sur à peu près tous les nouveaux morceaux, et sur plusieurs anciens. Cela va permettre d'élargir le son, ce qui nous ouvrira les portes de certaines salles de concerts où il aurait été difficile de ne jouer qu'à trois (il faut avoir une sacrée aura pour pouvoir tenir une grosse salle). Et puis cela va aussi permettre de nouvelles possibilités de compositions, et surtout un travail différent des morceaux pour les concerts : on ne sera pas obligé, Richard ou moi, de tenir la partie rythmique, et on pourra jouer d'autres parties. Et puis pour moi, ça va être très intéressant de travailler avec un contrebassiste, pour composer des parties complémentaires.

Depuis le premier album, vous travaillez beaucoup avec le Studio KA et en particulier avec Patrice Kubiak. Le considérez-vous en quelque sorte comme un quatrième membre du groupe ? Pensez-vous qu'il ait contribué à l'originalité de votre son ?
C'est tout à fait vrai. Mais cela ne se limite pas à Patrice, il y a aussi Maurice Delahaye, et depuis un peu moins de temps Benjamin Mraz, qui participent à chacun de nos enregistrements. Alors forcément, ça joue sur le son, la production...

Tous les textes du prochain album sont en français, après deux albums en anglais. Quel a été le déclencheur de ce changement ?
Ah, ça, on s'est bien battu, Richard et moi, pour forcer Pierre à essayer de chanter en français. A chaque répétition, on glissait un petit mot là-dessus, Richard nous faisait écouter du Brel, on écoutait Bashung. Et puis Pierre s'est lancé, petit à petit, en commençant déjà par écrire des textes en français. Un jour on s'est mis au travail : c'était "Plain-Chant". On a passé un temps fou sur ce morceau, on repartait de zéro, on n'avait plus aucun repère de chant. Mais on s'en est bien sorti. Et on a continué sur la lancée.

Le passage au français a semble-t-il beaucoup influé sur la structure de vos compositions. Quelles en ont été les conséquences sur le phrasé, la voix, les intonations ? Que cela a-t-il changé au niveau de la composition des morceaux ?
Eh bien, pour la composition des morceaux, je ne sais pas si c'est vraiment le fait de chanter en français qui apporte la différence. Moi, je dirais que c'est simplement une évolution générale, qui englobe le chant comme les compositions. Par contre, il y a effectivement une énorme influence du français sur le phrasé, les intonations de Pierre : la voix est plus naturelle, plus libre, et du coup Pierre se lâche plus, il a élargi sa tessiture, il y a beaucoup d'effets sonores, de changements de voix. Je préfère de loin quand Pierre chante en français ! Pour la structure des morceaux, le fait de chanter en français coïncide avec une volonté actuelle de notre part de composer des morceaux plus "basiques" avec couplets et refrains, et je pense effectivement qu'il y a une relation de cause à effet.

Comment perçois-tu les nouveaux textes de Pierre ? Se lâche-t-il plus ? Montre-t-il plus sa personnalité, se dévoile-t-il plus, ou bien, au contraire, est-il obligé de plus se camoufler maintenant qu'il ne possède plus la "protection" de la langue ?
Je ne crois pas que cela ait changé énormément de choses. On retrouve des textes que l'on peut relier à des personnes précises, comme "La Rouquine", comme l'ont été des textes comme "For Ann" ou "James Dean's Bastard Son". On trouve aussi des thèmes plus généraux, comme dans "Nomades", texte qui me fait penser à "The Moon When The Cherries Are Ripe". Et puis dans certains textes, Pierre parle directement de lui-même, ou de sa relation à la musique, comme dans "Plain-Chant". C'est en tous cas très motivant de travailler autour des textes de Pierre, et surtout ceux en français.

Dans les textes, on trouve une forte présence de l'univers amérindien ainsi que des références littéraires (Bukowski) ; pouvez-vous nous parler de vos influences en dehors de la musique ?
C'est vrai que l'univers amérindien nous suit depuis quelques temps et que "The Moon When The Cherries Are Ripe" et "Kachina" sont deux titres d'albums fortement connotés, mais il y a d'autres choses dans ces disques. Pierre vous en dira beaucoup plus que moi...

L'univers graphique autour de Vera Clouzot (pochettes de Fabienne Moreau et de François Lelong, projections d'extraits de films et de dessins amérindiens pendant les concerts) est assez proche de l'atmosphère musicale du groupe. Quel est pour vous le lien entre esthétique et musique ?
Ce lien est très important, et j'espère que l'on arrivera à le développer de plus en plus. J'aime l'idée que Vera Clouzot ne soit pas seulement une musique, mais tout un monde artistique. On a une chance énorme d'avoir à nos côtés Fabienne et François, et on se rend compte que leurs idées graphiques ont beaucoup joué sur le succès de tel album, ou de tel concert. François est en train de plancher depuis un bon bout de temps sur la pochette de notre prochain album, et j'attends avec impatience le résultat. Et on va surtout essayer de développer le côté visuel de nos concerts : décors, projections, positions... C'est très important pour la réussite de nos concerts, car notre but est d'essayer de faire basculer les spectateurs dans notre monde, qu'ils plongent dans notre musique. Et quand ça arrive, c'est génial !

Le terme de "nouvelle chanson française" est un concept fourre-tout et plutôt ridicule, cependant ne pensez-vous pas que l'excitation autour de cette étiquette puisse être d'une certaine façon bénéfique à Vera Clouzot ?
Eh bien, je pense effectivement que cela pourrait jouer à notre avantage, tout en espérant que le terme "nouvelle chanson française" reste à la mode suffisamment longtemps pour nous. Cela permet déjà de pouvoir nous caser quelque part, même si c'est fourre-tout, et je pense que ça rassure beaucoup les gens. Et puis il y a beaucoup de choses intéressantes dans ce "mouvement" (Dominique A, Katerine, Thomas Fersen...), alors autant s'y rattacher. Mais d'ici à ce qu'on nous rattache quelque part...

Comme de nombreux groupes (connus on inconnus), vous avez un site internet - réalisé par Franck Jankowski. Que pensez-vous que cette vitrine puisse vous apporter, et comment désirez-vous qu'elle évolue ?
Question difficile, car on n'est pas encore à fond dans le système internet. Il faudrait s'y plonger une bonne fois pour toutes, mais on n'a le temps de rien. Pendant un moment, ça s'est accéléré : création de notre site, morceau disponible sur le site des Arcades, idées de ventes par internet, mais depuis c'est un peu au point mort. Mais il ne faut pas s'affoler, ça va repartir, on va s'y remettre, et il y a des possibilités immenses.

Paul Austin, un des guitaristes de Willard Grant Conspiracy, vous a contactés pour participer à une compilation de reprises d'American Music Club - un groupe que vous appréciez depuis longtemps. Quel effet cela vous fait-il de vous retrouver en compagnie d'artistes comme Lambchop, Calexico, Matt Ward ou encore Paula Frazer ?
Ah, le rêve américain... !!

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Richard Huyghe (guitare)

Dans le paysage musical, Vera Clouzot est une formation plutôt atypique (chant/guitare/violoncelle). Est-ce un choix délibéré d'éviter le sacro-saint format chant/guitare/basse/batterie ou bien tout simplement le fruit du hasard ?
Un choix délibéré, non. On a commencé à faire de la musique ensemble parce qu'on était copains et qu'on jouait tous d'un instrument. Bien sûr, la musique comptait déjà beaucoup, et on s'est en partie rencontrés grâce à elle, mais tout ça n'était pas très formel et pour moi, en tout cas, l'idée même de faire un concert était saugrenue. Alors on ne s'est pas dit : "Il nous faut une basse et une batterie". C'est venu plus tard, quand on a enregistré la première démo. Depuis, le groupe a toujours fonctionné avec des musiciens invités, comme une structure ouverte, mais nous sommes restés les trois chefs, le cerveau de l'affaire, parce qu'on se connaît par coeur, parce qu'on arrive à écrire des chansons ensemble, et parce qu'on s'aime bien, je suppose ! Donc le hasard, forcément. Ceci dit, on est sensibles à l'idée d'éviter les ornières, les structures prémâchées. On veut pouvoir dire quelque chose selon nos propres règles. Le fait qu'on se soit retrouvés à trois, guitares, chant, violoncelle, par le coup du hasard, a sûrement encouragé cette volonté. On a dû penser très vite que, bien ou pas bien, il y avait moyen de faire quelque chose d'original.

A l'écoute de vos albums et après vous avoir vus sur scène, on a l'impression que Vera Clouzot se nourrit de trois personnalités sans qu'aucune ne prenne le dessus et n'étouffe les deux autres. Avez-vous toujours eu la volonté de placer le chant, la guitare et le violoncelle sur un pied d'égalité ?
Disons que ça se fait tout seul. Bien sûr, la position des uns par rapport aux autres a évolué en même temps que les morceaux et le son, et on n'a plus les mêmes envies qu'au début. Mais on ne pense pas vraiment en termes d'égalité, je ne crois pas qu'une telle idée nous ait jamais effleurés - du moins consciemment. Ce qui est intéressant, c'est la façon dont on s'influence mutuellement, la façon dont le groupe avance, d'un bloc, avec sa propre sensibilité, qui est plus que la somme de nos trois points de vue. On trouve donc un équilibre variable, qui s'adapte aux chansons et aux situations (concerts ou enregistrements), et qui mue avec le groupe. Comme on est tous les trois à la base du travail et qu'on se connaît depuis longtemps, on a maintenant des places assez bien définies. Tout le truc, c'est qu'il faut qu'elles ne le soient pas trop, qu'on ne s'enferme pas dans nos petites recettes. En tout cas, je me rends compte à quel point on est à l'aise ensemble. On se complète bien, et c'est vraiment un plaisir pour moi de jouer avec ces deux zouaves.

La structure de vos morceaux est assez complexe et très éloignée du format pop classique couplet-refrain. Comment se déroule la composition des morceaux ? D'où vient cette recherche de la complexité ?
Je ne trouve pas ça complexe ! Il faut juste avoir une bonne mémoire ! Bon, on a quelques structures de morceaux qui sont très écrites et de toute façon, il faut fixer en studio ce qui peut rester un peu libre en concert. Ceci dit, les morceaux sont assez simples : il y a des couplets, des refrains, et parfois des thèmes instrumentaux, en intro, en fin ou en pont, ce qui se marie bien avec l'esprit des textes de Pierre. On est très attachés à la chanson, au thème mélodique, mais ça ne doit pas aller jusqu'à répéter des progressions mélodiques conventionnelles stériles. Beaucoup de groupes ont compris ça depuis longtemps : les structures doivent s'adapter aux thèmes, et tout ça doit créer une ambiance, une atmosphère originale et cohérente. Le thème est à la base de tout, et pour moi, quand un morceau est raté ou insipide, il le doit en premier lieu à la faiblesse de ses thèmes.

Vera Clouzot est un trio, mais sur les albums et ou en concert, le groupe s'entoure de différents invités (Peter à la batterie et aux percussions, Pher à la trompette?). Désirez-vous faire évoluer la formation du groupe ? Ressentez-vous le besoin d'enrichir votre son ?
Oui. C'était dans la première question : nous, on fait tout à l'envers. On a commencé en trio, on a énormément évolué au fil des années et maintenant, il faut se méfier des petites routines que nous avons nous-mêmes créées. Il faut tenter des choses, quitte à faire des conneries - ce ne sera ni la première ni la dernière fois -, mais je ne peux pas concevoir ça autrement. Jusqu'à présent, on a travaillé avec des musiciens très différents, mais qui étaient conçus comme des appoints. Ils ont apporté une touche capitale aux disques et nous ont appris beaucoup. Mais ce serait maintenant le moment d'intégrer une section rythmique, à la base même des morceaux, pour enregistrer le prochain album à cinq, avec contrebasse-batterie : l'évolution du son et des compositions le demande, c'est ce qui manque le plus à notre dernier album, notamment la basse. Sur certains morceaux, c'est flagrant. On a manqué de temps, de préparation et d'un brin de lucidité.

Depuis le premier album, vous travaillez beaucoup avec le Studio KA et en particulier avec Patrice Kubiak. Le considérez-vous en quelque sorte comme un quatrième membre du groupe ? Pensez-vous qu'il ait contribué à l'originalité de votre son ?
Bien sûr. En studio, c'est essentiel de bosser avec des gens qu'on sent bien. On a eu beaucoup de chance de tomber sur des gens comme Maurice Delahaye (qui a enregistré nos démos et le deuxième album) ou Patrice Kubiak, avec qui on partage une certaine sensibilité et une certaine conception du travail. Kubiak s'est beaucoup impliqué dans l'enregistrement du premier et du dernier album, à chaque fois, le projet devient un peu le sien : il n'hésite jamais à faire un peu de rab s'il n'est pas satisfait du résultat. Ce type a le sens de l'élégance, du velours sonore, il sait faire preuve d'une grande finesse, de subtilité et de mesure dans ses choix. On sait qu'on peut lui faire confiance, et c'est un atout énorme au moment d'enregistrer. J'ai découvert en travaillant avec lui que la production était un mode d'expression à part entière, et Kubiak peut se sentir aussi responsable que nous de la qualité de nos disques, tout son boulot est important.

Tous les textes du prochain album sont en français, après deux albums en anglais. Quel a été le déclencheur de ce changement ? D'autre part, comment perçois-tu les nouveaux textes de Pierre ? Se lâche-t-il plus ? Montre-t-il plus sa personnalité, se dévoile-t-il plus, ou bien, au contraire, est-il obligé de plus se camoufler maintenant qu'il ne possède plus la "protection" de la langue ?
Contrairement à ce que certains voudraient croire, on n'a pas changé par opportunisme - d'ailleurs, les gens pour qui c'est le cas, ça ne me choque absolument pas. Moi, je pense toujours que chanter dans sa propre langue permet moins facilement de dissimuler et de tricher. Le fait est que Pierre écrit les textes, on n'a pas vraiment à lui dire ce qu'il doit faire, et de toute façon, il n'aurait pas pu, je pense, de but en blanc commencer à écrire et à chanter en français. En tout cas, ça ne s'est pas passé comme ça. Mais le chemin était en train de se faire dans sa tête. Nicolas et moi, on a juste fait pencher la balance au bon moment, on lui a dit : "Essaie un coup, si ça ne marche pas, on laisse tomber. Qu'est-ce qu'on risque ?" Et après, ça s'est fait très simplement, ça n'a pas été plus dur que pour les autres chansons. Pierre, je pense, a eu besoin de l'anglais pour faire ce qu'il fait maintenant en français. L'écriture et le chant se sont développés en anglais, les thèmes abordés dans les textes aussi. Le grand virage vers des textes plus riches a en fait été opéré au deuxième album. Après ça, le bougre était mûr.

Le passage au français a semble-t-il beaucoup influé sur la structure de vos compositions. Quelles en ont été les conséquences sur le phrasé, la voix, les intonations ? Que cela a-t-il changé au niveau de la composition des morceaux ?
Difficile à dire. Mais je pense que l'évolution musicale n'aurait pas été très différente avec des textes en anglais. Pour le chant, par contre, ç'a été décisif. On a tous les trois été très attentifs à la voix en composant les nouveaux morceaux, et on a voulu du coup essayer des choses, des atmosphères différentes. Certaines chansons, d'emblée, n'ont pas marché. Pour les autres, il faut attendre d'avoir un peu plus de recul pour juger. D'une certaine façon, c'est pour nous un disque expérimental : pas de rôdage sur scène des morceaux avant l'enregistrement, par exemple. Et puis, c'est vrai qu'on a voulu voir ce qui marchait en français. A mon avis, il y a trois ou quatre morceaux qui sont vraiment bien réussis. C'est déjà pas mal, et ça nous a permis de beaucoup progresser.

Dans les textes, on trouve une forte présence de l'univers amérindien ainsi que des références littéraires (Bukowski) ; pouvez-vous nous parler de vos influences en dehors de la musique ?
D'autant plus facilement que je n'écoute plus de musique depuis des mois. Je suis personnellement très influencé par Hegel.

L'univers graphique autour de Vera Clouzot (pochettes de Fabienne Moreau et de François Lelong, projections d'extraits de films et de dessins amérindiens pendant les concerts) est assez proche de l'atmosphère musicale du groupe. Quel est pour vous le lien entre esthétique et musique ?
L'image est capitale. Un disque sans pochette, c'est très difficile à se représenter. Il faut une image en guise d'introduction, et il faut que cette image reflète l'identité du disque, que les deux soient indissociables. J'aime vraiment beaucoup la pochette du dernier album, réalisée par François Lelong, je trouve qu'elle correspond parfaitement au son du disque. Pour le gars qui doit faire la pochette, c'est un tour de force de trouver cette cohérence, parce que pour lui, à l'inverse de l'auditeur qui achète un disque puis l'écoute, il y a d'abord la musique brute, sans matière, sans support visuel. Le problème du MP3 sera, plus que tout, de réussir à créer l'envie de l'auditeur sans cette image-objet qu'est la pochette, une image qu'on peut prendre dans ses mains.

Le terme de "nouvelle chanson française" est un concept fourre-tout et plutôt ridicule, cependant ne pensez-vous pas que l'excitation autour de cette étiquette puisse être d'une certaine façon bénéfique à Vera Clouzot ?
Je n'en sais rien. Qu'il y ait un regain d'intérêt pour la chansons française aujourd'hui ne me paraît pas si évident, au fond. En tout cas, j'espère qu'on ne sera tout de même pas rangés dans le même tiroir que tous ces groupes fadasses abonnés aux Editions de Minuit. Quant à l'intérêt commercial... je ne sais pas, demandez au label.

Comme de nombreux groupes (connus on inconnus), vous avez un site internet - réalisé par Franck Jankowski. Que pensez-vous que cette vitrine puisse vous apporter, et comment désirez-vous qu'elle évolue ?
Je dois avouer que je suis ça d'assez loin. Non pas que ça ne m'intéresse pas, au contraire, l'évolution des supports m'intrigue beaucoup, mais ça dépasse un peu le musicien. Je conçois bien qu'internet est d'ores et déjà un passage obligé pour un groupe qui veut se faire connaître, et tant qu'à faire, j'aimerais que nous ayons un site libéré des poncifs ennuyeyx du genre. Je comprends qu'il y a là la place pour développer un mode d'expression neuf, débarrassé de certaines contraintes journalistiques pesantes mais bon, comme je ne suis pas un grand aficionado du net, je préfère laisser ce soin à quelqu'un comme Franck, bien plus lucide et chevronné que moi dans ce domaine.

Paul Austin, un des guitaristes de Willard Grant Conspiracy, vous a contactés pour participer à une compilation de reprises d'American Music Club - un groupe que vous appréciez depuis longtemps. Quel effet cela vous fait-il de vous retrouver en compagnie d'artistes comme Lambchop, Calexico, Matt Ward ou encore Paula Frazer ?
A vrai dire, je ne connais que Willard Grant Conspiracy, qu'on a vus en concert à Lille. Les autres groupes, je ne les ai jamais entendus, mais il paraît qu'ils sont très bons ! Dommage, j'aurais préféré qu'on soit au milieu d'un tas de mauvais ! Enfin, si on se retrouve autour d'American Music Club, c'est qu'ils doivent avoir un bon fond...

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